Le tout ou rien.

Introduction

Très nuisible à l’innovation, la pensée « tout ou rien » est aussi le fait des visions habituelles et a un fort lien avec les associations d’idées. Dans l’article sur les associations d’idées, nous mentionnons l’exemple qui consiste à penser qu’un autre contexte qui ne serait pas l’industrie serait alors démuni de tout ce qui est contenu dans celle-ci. C’est une barrière sans raison d’être.

Idéalisme ou rien !

On sait à quel point l’esprit a énormément de mal à apprécier et à explorer des idées qui ne sont pas franchement esthétiques, nouvelles, ou dont le résultat serait une symbiose commensale plutôt que mutualiste. Cet idéalisme, qui est un concept positif, ne doit cependant pas justifier la paresse du fataliste. Tous les concepts améliorant une situation existante, ne serait-ce qu’un peu, constituent toujours une pondération positive dans un objectif quelconque, même si l’absence de la beauté d’une symbiose mutualiste ne satisfait pas pleinement notre esprit en proie à la subjectivité. La volonté de “tout ou rien” ressemble à une réminiscence de caprice d’enfant, lorsque la solution envisagée n’est pas aussi “belle” qu’espérée. La raison doit prendre le pas et encourager ces améliorations.

Encore faut-il libérer l’esprit de toutes les contraintes subjectives que l’on doit dénoncer pour être capable d’arriver à un tel résultat. L’éducation que nous donnerons à nos enfants en les incitant à bricoler et calculer plutôt qu’à s’abrutir de médias mensongers, de “culture sportive”, de “gadgets à la mode” et de drogues y joue un rôle fondamental.

Individualité et co-application des solutions

Un excellent exemple de l’esprit « tout ou rien », est celui qui consiste à tester plusieurs méthodes de résolution d’un problème technique et de les rejeter une à une car on les juges inefficaces, tout en oubliant de les combiner.

Nous pouvons prendre l’exemple des techniques de restauration des batteries au plomb. Prisent individuellement, elles ne fonctionnement pas toujours. Cet aspect non systématique et d’ailleurs un facteur influant sur l’utilisateur capricieux qui refuse l’aspect statistique et la possibilité de l’échec, quand bien même cela arriverait rarement.

Pour réparer les batteries acide-plomb il existe trois méthodes principales : le procédé chimique, le procédé mécanique et le procédé électrique/électronique. Ces trois procédés sont souvent décrits de manière unitaire ou indépendante. Ils peuvent se compléter, en s’appliquant en même temps sur la même batterie, augmentant considérablement le taux de réussite de la restauration. Un article sera prochainement disponible à ce sujet dans la rubrique applications.

Conclusion

Nous devons être conscients de la tendance de l’esprit à vouloir passer d’un extrême à l’autre. Il ne faut pas hésiter à décontextualiser toutes les idées et chercher des compromis, des “solutions intermédiaires”. Nous devons encourager une transition faite d’améliorations continues et progressives à défaut d’une ou plusieurs révolutions aux résultats idéaux et immédiats.