La paresse intellectuelle

Introduction

La paresse intellectuelle semble être au sommet de la pyramide des vices. La paresse est un réflexe naturel, primitif, bestial qui consiste à économiser l’énergie disponible dans le corps biologique. Réfléchir peut être tout autant épuisant que l’activité physique. Lorsque l’homme était tenu de chasser pour subvenir à ses besoin, l’activité physique n’était pas un loisir comme aujourd’hui. Dans nos sociétés modernes et organisées, du moins, en occident, nous n’avons plus besoin de nous battre pour manger, et nous ferions bien de réfléchir avec toute l’énergie non utilisée par la chasse. Le problème de la paresse intellectuelle est qu’elle a des conséquences nuisibles dans nos sociétés modernes, nous allons en évoquer les principales. Nous évoquerons aussi les techniques d’auto persuasion qui volent au secours de la malhonnêteté intellectuelle dont les paresseux font preuve.

Les principales conséquences de la paresse intellectuelle

  • La manipulabilité : une personne qui ne réfléchit pas est facilement manipulable. Il est en effet plus économe en énergie de faire le choix de tenir pour vrais des raisonnements qui nous ont été apportés, pré-pensés par les autres. Il n’est, dans ces circonstances pas étonnant que les majorités soient sensibles aux opinions « en boite de conserve », ouvrez et c’est prêt ! Exactement comme en cuisine, lorsque vous rentrez fatigué d’une longue journée de travail, quoi de plus pratique qu’une boite de conserve ? S’il on est manipulé, pourrions nous l’être jusqu’à l’instauration d’une dictature ?
  • L’irresponsabilité : une personne ne réfléchissant pas est potentiellement irresponsable vis à vis des autres lorsqu’il s’agit de faire des choix politiques, qui concernent donc la communauté, notamment lorsque d’autres sont dans la souffrance par les conséquence d’une dictature instaurée avec l’aide de la manipulation, qui n’est évidemment possible que lorsque les gens sont manipulables. Il n’est pas responsable, et potentiellement irrespectueux de choisir un bulletin de vote, de manière aléatoire, sans avoir réfléchi soi même, avec honnêteté.
  • La dépense d’énergie paradoxale : la paresse intellectuelle mène souvent à un contresens car le paresseux intellectuel doit, par tous les moyens possibles chercher des pseudos arguments, que l’on qualifierait communément d’excuses afin de justifier absolument les idées toutes faites auxquelles il choisit d’adhérer. Ce phénomène est parfois particulièrement spectaculaire, et des raisonnements entiers, sophistiqués et sophistes, très coûteux en énergie sont utilisés pour justifier de manière surréaliste des idées totalement absurdes, inefficaces et basées sur des mensonges auto infligés. C’est le cas notamment de ceux qui déforment la réalité pour qu’elle corresponde à leur idéologie, au lieu de choisir « l’idéologie » en fonction de la réalité exacte. C’est plus particulièrement une spécialité du gauchisme en politique. Le fait de lire intentionnellement un article avec lequel on est en phase permet de se soulager en cas de doute, confortant le lecteur dans sa paresse.
  • L’incitation à la malhonnêteté : elle est impliquée dans le paradoxe précédemment évoqué. La malhonnêteté auto persuasive s’étend vers les autres. Souvent, les paresseux malhonnêtes tentent de mettre au jour leurs pseudos raisonnements afin d’entraîner les autres dans leurs choix justifiant leur paresse. Ce mécanisme n’est pas sans rappeler la caricature d’un groupe de travailleurs qui anéantit immédiatement toute suggestion d’un collaborateur qui impliquerait éventuellement une petite hausse de la charge de travail. Ce phénomène caricatural est bien repérable, pourrait-on dire, surtout dans la fonction publique ? C’est malheureusement ainsi que l’on finit par générer la dictature de la paresse, où, même politiquement, on vous attaquera systématiquement dès lors que vous exprimerez un doute qui impliquerait le fait d’entrer dans une catégorie qualifiée médiatiquement par des termes péjoratifs. On peut par exemple citer le cas du « complotisme », expression à la mode pour dénigrer une personne qui dirait simplement :  » Hé les gars ! , Si on réfléchissait un peu, je veux dire… par nous même ? …. Euh… non, je n’ai rien dit… ».

Les artifices et excuses du paresseux

  • « Bof, il y a pire, on est pas malheureux ! » ou plus exactement, pas encore malheureux. Le relativisme est aussi une bonne excuse courante pour ne pas justifier le fait de faire quelque chose, de réfléchir. « Il faut relativiser » n’est pas une expression, tout comme « chacun son point de vue » qui mérite le statut plutôt positif qu’on lui accorde généralement. En effet, en se focalisant sur des situations « pires » que celles dont il est question dans un débat ou dans les pensées du paresseux, on finit par accepter une situation dégradée et l’on entretient une descente graduelle vers des situations qui vont de mal en pire. Le relativisme ne s’arrête en réalité que là où il n’y a plus rien de pire que la situation actuelle, lorsque l’on a déjà touché le fond ! La paresse couplée aux excuses relativistes systématiques constitue le principal moteur de la décadence. L’utopie, initialement, était une idée extrêmement positive, mais aujourd’hui hélas, son sens a profondément changé.
  • C’est utopique ! est une interjection courante et utilisée essentiellement par les sages fatalistes. Théoriquement, ce terme désigne simplement « qui se réfère à Utopia ». Utopia étant un monde imaginaire raconté au travers d’un récit narratif écrit en 1516 par Thomas More. Mais son sens a dérivé pour maintenant signifier « trop idéal pour être réaliste ». Cette expression, c’est à dire l’utilisation moderne de ce terme, est en fait une absurdité monumentale utilisée afin de satisfaire la paresse intellectuelle de ses adeptes en justifiant un fatalisme malsain. C’est une expression toute faite et mal comprise qui permet de critiquer des projets ambitieux et vertueux, laquelle serait, pour la plupart, (et totalement paradoxalement) d’usage pour une personne dite « sage ». En réalité, c’est l’expression favorite des paresseux jaloux & prétentieux. La recherche de l’idéal consiste précisément à utiliser de l’énergie positivement, c’est à dire utiliser du glucose pour produire des raisonnements répondant à la question « comment ça pourrait fonctionner » plutôt que « comment ça pourrait ne pas fonctionner ». Le Scientifique Dennis Gabbor, dans son ouvrage Inventons le futur dénonçait la disparition des courants Utopistes.
  • « Moi je n’y connais rien » ou encore « le problème c’est que tu vas entendre un autre spécialiste dire exactement le contraire » constituent une autre catégorie courante d’excuses du paresseux intellectuel. En effet, prétendre ne pas avoir les compétences pour traiter d’un certain sujet permet de justifier le fait de ne pas y réfléchir. Cependant, c’est encore une fois malhonnête, car selon les domaines, il est possible d’apprendre rapidement quelques bases permettant de démêler rapidement le vrai du faux, certains trouvent ces apprentissages fatigants. On ne peut reprocher à quelqu’un le non intérêt pour certains domaines, par contre, il est totalement irresponsable, encore une fois, de se permettre d’avoir une opinion sur le sujet dont il est question, ou encore, de se rendre aux urnes dans ces conditions. Cependant, la plupart du temps, ces phrases ne sont pas du tout acceptables, car, si par manque de compétences, nous ne pouvons pas traiter d’un sujet donné, il est toujours possible de faire ce que l’on appelle une méta-analyse. Par exemple, se poser la question de savoir quels conflits d’intérêts peuvent avoir les fameux spécialistes qui se contredisent. Mais, souvent, même les méta-analyses semblent trop fatigantes pour certains, préférant répéter par abrutissement ce que la télévision et les journaux leur demande de penser.
  • « Les politiciens sont tous les mêmes » ou encore « voter ça ne sert à rien » ou « ils sont tous corrompus » etc. sont autant de phrases toutes faites, prêtes à l’emploi et tellement pratiques pour justifier le fait de ne pas trop se poser de questions. Pour savoir qui a déjà été condamné par la justice, qui ne l’a jamais été, qui a des conflits d’intérêts, qui n’en n’a pas, il faut faire quelques recherches, parfois très simples. En général, les politiciens qui n’utilisent précisément pas eux même la sophistique et la rhétorique sont souvent convaincus et non auto persuadés. C’est à dire qu’ils choisissent des programmes basés sur la logique et non sur des ressentis émotionnels. C’est ce qui différencie la conviction (rationnelle) de la persuasion (émotionnelle). Pour découvrir les politiciens honnêtes et ne pas répéter comme des abrutis ce que la télévision vous demande de penser (opinions en boite de conserve) il faut être honnête avec soi même, et donc, il ne faut pas être paresseux intellectuellement. Le désir de croire les opinions prétendument majoritaires, toutes faites, à portée de zappette est tellement fort, que même quelques contre-vérifications légères, qui pourraient suffire à éclaircir n’importe quel paresseux ne seront même pas envisagées. Nous pourrions bien regretter un jour toutes ces excuses courantes pour auto-justifier notre désintérêt de la politique. Comme disait Michel Rocard, que nous citons en toute neutralité : « si vous ne vous occupez pas de la politique, elle s’occupera de vous ».
  • Ils ne sont pas tous comme ça ! C’est une excuse par focalisation : focaliser son esprit sur une partie de la réalité qui semble plus belle est tout à fait inacceptable car elle revient à adopter un point de vue. C’est l’artifice le plus couramment utilisé par les paresseux optimistes en vu de contredire les stéréotypes ou les caricatures. En effet, les caricatures et stéréotypes ne proviennent pas de nulle part. Ils sont souvent le fait d’une majorité statistique bien réelle. En focalisant son esprit sur les rares ou très rares exceptions de cette réalité qui est en effet statistique, on peut aider son esprit à positiver au sujet d’une réalité moyenne pourtant totalement négative. C’est ainsi que la malhonnêteté intellectuelle s’installe dans les esprits en réalisant finalement une négation de la réalité objective. Il n’est en effet pas nécessaire de se remuer pour changer les choses si la réalité est belle… par contre il ne faut pas retirer le téléobjectif de l’appareil photo mental car alors, on élargirait le champ sur ce que l’on refuse de voir. La focalisation mentale est totalement irresponsable vis à vis de ceux qui vivent au milieu des réalités statistiques mentionnées et qui en souffrent. Il n’est pas acceptable de faire des choix politiques lorsque l’on n’accepte pas de tirer un bilan exact de la réalité, simplement parce qu’elle nous décevrait ou ne correspondrait pas au « monde des Bisounours » que nous espérerions.

Conclusion

S’il vous plait, par respect pour les autres, partez d’un constat honnête de la réalité, et faites des analyses ascendantes, en réfléchissant par vous même, afin de choisir votre « idéologie » ou les actions logiques à mener pour résoudre les problèmes. Ne faites pas le contraire, c’est à dire partir d’une croyance dans une réalité tronquée dont vous rêveriez, pour ensuite choisir les arguments et les sources d’informations corrompues avec lesquelles vous vous auto-persuadez d’être d’accord (comportement typique des gauchistes). Il est systématiquement moins fatiguant et plus agréable d’être d’accord avec les affirmations que vous entendez à la radio, à la télé, au bureau, etc. Beaucoup choisissent intentionnellement par paresse intellectuelle et complaisance, de s’auto-persuader d’être d’accord avec les médias mainstream. Ainsi, nous pouvons nous dire « pas besoin d’être irrité, puisque je suis d’accord ! » en écoutant les journalistes. Le problème c’est la haine et la souffrance indirecte (ou parfois aussi directe, par exemple lorsque des ministres jurent de « faire une vie de merde » à une certaine partie de la population) que ces acceptations de masse déversent sur les gens intelligents et courageux.